• Cécile

Cécile en novembre 2014 #33


«Je sens en moi que la seule chose importante est de dire oui et de reprendre sans cesse ce « oui » pour ne plus devenir que oui à la vie.


Nous pouvons être oui les uns pour les autres, être oui à la vie par le oui des autres»

- Nicolle Carré -




La phrase ci-dessus, je vous l’offre à tous car vous êtes mes « oui » à la vie et je dédie cette news à tous mes « ex » patients comme à mes amis qui ont une maladie en eux.



Côté médical, novembre fut à la hauteur de mes espérances, calme. Juste une toute petite anesthésie pour une fibroscopie. Mon oncologue pensait devoir intervenir sur mes varices œsophagiennes, d’où l’anesthésie, mais finalement elle n’a pas eu à le faire. Youpi!


Est-ce pour autant que le mois fut doux ? Oui, le plus souvent mais pas toujours. Moins occupée mais toujours aussi fatigable, c’est mon moral qui flanche parfois. J’aimais tant prendre du temps actif pour ma famille ou aller à mon travail, au sport ; J’aimais aussi mes sorties entre amis, au cinéma ; Mes escapades… En novembre je fus confrontée au « j’ai du temps pour tout ce que j’aime mais je n’en n’ai pas les ressources physique. Ce cancer me bouffe le corps et mon énergie, je suis à la traîne, dépendante, ma vie est au ralenti ». Humeur en creux, déprimante.


Un exemple : samedi soir, nous sommes invités chez des amis, petit repas me dit-on, je traduis peu de personnes, calme. Plus que ravie, enchantée j’accepte. Je me prépare en restant bien au calme toute la journée pour m’économiser, le soir je me fais belle. Enfin un samedi soir « comme avant » mais avec mon mari, si heureux lui aussi, quelle ne fut pas notre surprise en arrivant de découvrir que nous allions être 10 autour de la table, la peur monte en moi.



Ceux qui sont sur un parcours de santé savent combien certains lieux, comme certaines rencontres, peuvent être très fatigants pour nos corps fragiles. De même que les sujets abordés par les uns et les autres bousculent régulièrement nos âmes sensibles ou encore que la bonne santé des êtres, que pourtant nous aimons, devient agressante.



Le déroulement de cette soirée, où j’allais le cœur si enthousiaste, commençait à me plonger dans les ténèbres. Heureusement mon instinct a finalement réagi et c’est au moment du fromage que je pris soin de moi : les larmes aux yeux, à très haute voix pour être au dessus du brouhaha, j’ai partagé : « je suis désolée, le niveau sonore autour de cette table est invivable pour moi. Soit je rentre chez moi, soit vous parlez moins fort… » Ce que chacun a fait. Mes amis, vous m’avez fait ce cadeau là. Gratitude.



Le lendemain la vie m’offre une autre belle surprise lorsque je croise « par hasard » un des convives. Il me dit «hier ce dut être une soirée difficile pour toi, j’en suis bien désolé, mais tu sais, Cécile, cela se voit tellement pas que tu es malade, on oublie de faire attention… tu as bien fait de nous le rappeler ». Merci l’ami, tu as apaisé profondément mon cœur si triste d’être « différente ». Indirectement tu m’as rappelé que c’est une grande chance de garder, malgré le cancer, un physique en bonne santé, agréable! Louange. Humeur joyeuse.



Oui, assez souvent les « non malades » ne se rendent pas compte de l’énergie que nous avons à mobiliser pour « affronter » le monde ou tout au moins, aller à sa rencontre, de dire, comme Nicolle Carré, un oui à la vie.



Et vous, invités, malades, qu’auriez-vous fait, dit, partagé ?



Enfin sachez que je remercie vivement mes hôtes de ce soir là car si par peur de mal faire plus personne n’osait nous inviter, jamais nous ne pourrions pratiquer le Oui à la vie ! Restons seulement attentifs les uns aux autres, avec tendresse.



A tous, rendez-vous en décembre, un scanner nous informera sur l’efficacité de la chimiothérapie que j’ai reçue en octobre. Ce bilan me donnera quelques indications pour l’avenir proche… Alors, même si je veux profiter de chaque jour, je dis quand même… vivement décembre !



Avec toute ma tendresse, les couleurs de l’automne sont si belles.


Cécile


PS : ce mois-ci j’ai vécu un grand « moment sacré » ou « sacré grand moment ». Consciente que mon hiver sera bousculant (opération ?) j’ai demandé à recevoir le sacrement des malades. Je vous le partage dans la rubrique spiritualité.

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