Alimentation

« N’embauchez jamais une cuisinière acariâtre » 

- Anonyme - 

Savez-vous comment je me suis aperçu que j’avais un « problème » ?

 

Mes goûts alimentaires avaient changé. Toujours très gourmande, je n’avais plus envie de dessert, de chocolat… Toujours partante pour un petit apéro avec les amis, je ne finissais plus mon verre.

 

De plus, je me sentais « lourde », tout me demandait de l’énergie. J’étais rapidement en hypoglycémie...

 

J’avais bien perdu 2kg mais pas plus, quelle femme un peu charnue n’est-elle pas ravie de voir sa taille s’affiner ? Cela me plaisait de fermer facilement mes pantalons. Je n’avais aucun autre symptôme, mal nulle part, je partais chaque matin travailler sans me poser de question médicale, juste une petite alerte à propos d’un petit « truc » dur que je sentais dans mon ventre.

 

Côté tempérament, je ne me reconnaissais pas et je me suis écoutée, j’ai consulté.

 

Heureusement.

 

Mon instinct me parlait et je l’ai pris en compte.

 

 

L’alimentation ?

 

Je ne suis ni médecin nutritionniste, ni diététicienne et je laisserai aux spécialistes le soin de nous partager leurs connaissances, leurs recherches.

 

D’ailleurs, à chaque bouleversement important de mon système gastrique, par exemple quand les successions d’opération m’ont fait maigrir de 10 kg ou quand j’ai eu de grosses varices œsophagiennes, je suis allée chercher leurs avis éclairés. 

 

Cependant, comme vous le savez, j’associe médecine classique à médecine holistique et dans ce blog j’ai envie de vous partager ce en quoi je crois à propos de ce que nous mangeons.

 

 

1° : L’important n’est pas essentiellement dans l’assiette mais aussi dans notre état d’esprit quand nous mangeons, respirons, transpirons. Il y a le « quoi » et le « comment », comme le « pourquoi » et « pour quoi ».

 

Alors, je commence le plus souvent possible mon repas par regarder mon assiette et remercier la vie à la fois pour cette nourriture qui est là, et aussi pour tous ceux qui ont permis qu’elle arrive là, pour mon bien.

 

Je me mets en alliance. Je respire.

 

 

2° notre instinct :

 

Avec vous déjà vu un chat ou un chien manger de la confiture ? Je ne crois pas, de naissance il sait.

 

L’Homme a perdu ce talent, c’est dommage. Ceci dit, nous sommes beaucoup plus complexes que nos chers animaux domestiques et notre nourriture peut l’être d’autant. Alors je suis vite très fâchée quand j’entends les « il faut, tu dois, surtout prends toujours de cela ou mange jamais de cela… genre : point de salut si tu manges du sucre ou de la viande ou du cuit ou du cru ou du non bio ou si tu ne jeûnes pas... »

 

Au secours ! Nous sommes tous différents et nos besoins le sont aussi.

 

Bien sûr, nous avons tous besoin de glucides, protides, lipides, sels minéraux, vitamines, acides aminés… mais dans des proportions différentes suivant notre structure, notre âge, notre histoire, notre santé. Il n’y a pas deux cancers identiques, il n’y aura pas 2 façons de manger identiques. Le mien est gastrique et son impact sera différent d’un cancer du sein par exemple.

 

 

Si votre instinct est félicité, encouragé, écouté, il vous parlera. Nous avons tous l’habitude de regarder un  menu de resto en se disant : de quoi ai-je envie ce soir ?

 

Quand on traite une maladie, on se demande en plus « de quoi ai-je besoin ? Qu’est ce qui sera bon pour moi ? »

 

 

3° Tout est nourriture :

 

Dans nos vies bien concrètes, nous avons beaucoup à gagner à comprendre qu’il n’y a pas que ce qui passe par la bouche qui nourrit. Effectivement, savez-vous que nous sommes aussi nourris, au plus profond de nos cellules, de ce que nous métabolisons, comme un sourire qui nous ravit, une nature qui nous dilate, un feu qui nous réchauffe, la compassion qui nous épanouit ?

 

Voyez comme les personnes aigries ont des corps qui sont marqués et comme les personnes heureuses sont belles.

 

 

Le bonheur n’empêche pas la maladie, je suis bien placée pour le savoir. En revanche il apporte une saine nourriture de l’âme pour combattre les envahisseurs… microbes compris.

 

 

Ceci posé, voici ce qui est bon pour moi :

 

Quand j’avais maigri, je mangeais souvent de petites quantités, même la nuit, comme un bébé… sauf que j’avais remplacé le lait par des lentilles, une bonne tranche de pain beurrée etc…

 

Ma fille me préparait avec tant de tendresse mon sandwich de 3h du matin qu’il en devenait encore plus digeste… miracle du métabolisme. J’avais à peine besoin de me forcer pour l’avaler.

 

 

Pendant mes cures :

 

Pour la première série de cures qui s’effectuait sur 3 jours, dès la veille et au moins jusqu’à 2 jours après, j’allégeais mon alimentation sans jeûner, pas besoin d’être encore plus faible que je ne l’étais déjà… et manger me réconfortait, me réchauffait. Seulement, je ne mangeais que des aliments cuits, faciles à digérer.

 

 

Depuis que mes cures sont sous forme de cachets à prendre pendant 15 jours, chaque mois, mon alimentation s’adapte aux molécules ingérées. La molécule prise les dix premiers jours joue peu sur le système gastrique alors mon alimentation change peu.

 

Quand je dois digérer la seconde molécule (pendant les 5 derniers jours de cure), là le problème se corse ! J’ai à chaque fois l’impression qu’une bombe est entrée dans mon corps et que tout mon être est survolté, agressé, bousculé, « ça chauffe à l’intérieur ».

 

Alors, pour alléger le plus possible mon corps tout en permettant à cette chimio de faire son travail puis d’être métabolisée, je ne me nourris pendant 3 jours que de pommes de terre, voire un peu de carottes cuites à partir du second jour. Ce sont des légumes buvards ainsi je tente de diminuer l’inflammation de mon système digestif tant mis à mal par la chimiothérapie… et ça fonctionne.

 

Quand je peux enfin retrouver une alimentation normale avant la cure suivante, je me réjouis à chaque fois et manger une frite devient un bonheur joyeux et je le savoure.

 

Là aussi mon corps métabolisant la joie, il retrouve des forces vives.

 

 

Ce n’est pas mon oncologue qui a pu me donner ce type de conseils, dommage mais elle ne peut pas tout savoir.

 

Alors je vous encourage vivement, si vous êtes dans mon cas, à vous renseigner et ensuite et surtout, à écouter votre instinct, à prendre le temps de respirer vos aliments en vous posant la question « seront-ils bon pour moi ? ».

 

Ce qui peut être bon pour aujourd’hui, peut devenir toxique demain et inversement.

 

Enfin, n’oublions jamais que marcher dans l’herbe, se promener, chanter, rire, se laisser approcher, aimer et Aimer, sont des nourritures aussi vitales que nos chers lipides, protides, glucides, sels minéraux, acides aminés et autres merveilles de la nature. 

 

 

A vos assiettes !

 

 

Cécile