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Cécile en novembre 2013 #23

« Nous sommes déjà des ressuscités »

Annick de Souzenelle


Le 8 novembre 2011 je vous écrivais :

"Assise dans mon séjour, au coin du feu de bois, une musique lyrique s’échappe et envahit l’espace… c’est bon, c’est doux, c’est vivant.Mais pourquoi suis je là à vous écrire ma petite vie de ce matin ? Tout simplement parce que vous êtes importants pour moi et pour Philippe.

Alors bonnes ou mauvaises nouvelles, c'est important pour nous de partager avec vous... Aujourd'hui, je suis tellement désolée, triste mais j’ai quelque chose à vous annoncer de "pas cool" comme diraient les jeunes…"


En cette fin novembre 2013, deux ans après, je suis encore au coin du feu de bois, une musique s’échappe toujours des enceintes du séjour mais j’ai maintenant envie d’écrire : « c’est tellement bon, tellement vivant, quelle chance de pouvoir savourer ce moment là ! »

Ne suis-je plus la même ou suis-je plus moi même qu’il y a 24 mois ? J’opterai pour la seconde proposition.

Novembre n’est pas mois de bilan, on attendra décembre pour savoir ce que la médecine de la maladie pense de mon état intérieur. Mais si je m’en tiens à mon ressenti, j’ai envie de sonner trompettes et trombones, je vais mieux, c’est indéniable. Je suis toujours en cure, c’est encore de mauvais moments à passer ; La fatigue est toujours là, pesante parfois inquiétante, mais mon être au monde est globalement plus tranquille, j’ai la sensation d’avoir réintégré de nouvelles baskets que je vais "faire à mon pied" pour un nouveau chapitre de vie.

En octobre avec ma question « à quoi bon tout ce cheminement ?» j’ai peut être touché le fond d’une piscine et je me suis réveillée en novembre apaisée… je ne sais pas pourquoi tout ce chemin, mais je suis en paix, c’est mon chemin, ce sont mes baskets.

Certains d’entre vous se disent peut-être (comme pour les « déprimés » que nous croisons si souvent) : « dommage que Cécile n’ait pas touché plus vite le fond de la piscine, au moins elle aurait été mieux plus rapidement… » c’est vrai, dommage… et en même temps ce qui est, est. C’est maintenant que ce passage se fait en moi, je ne referai pas l’histoire. Si je m’en veux de ne pas l’avoir fait plus tôt, je m’entoure d’une mauvaise énergie. C’est inutile. De plus, qui suis-je pour savoir que le temps d’avant aurait été meilleur que le temps de maintenant ! ?

Il est beaucoup plus utile de me centrer sur cette sensation d’ouverture, d’énergie plus fluide. Le seul risque serait que je perde cette concentration indispensable pour mon parcours santé et que je m’imagine arrivée plus vite que prévu. Ce serait dangereux, ce cancer est encore à soigner afin qu’il meure (ou s’endorme) et je dois être vigilante à vie.

Est-ce que cette fluidité nouvellement acquise a eu un impact sur le physique ? J’ai envie d’y croire car ma prise de sang présente des valeurs jamais atteintes depuis un an ! C’est sidérant.

Alors nous avons osé cette question délicate à mon oncologue : « docteur, pensez vous que tout ce que je fais, en plus de la chimiothérapie, a un impact sur l’évolution de ma santé ? », elle a répondu :« C’est indéniable, vous n’êtes pas comme vous êtes ce matin uniquement grâce à mes molécules… votre cancer se comporte d’une façon surprenante, on n’aurait jamais imaginé, il y a 2 ans, que vous puissiez être si bien aujourd’hui. Votre histoire est belle, nous la suivons de près… »

Ou comme me l’avait dit sa secrétaire de façon plus directe : « Mme Hyvert, cette régression du cancer, c’est un miracle ! ». En effet… précisons, pour les plus scientifiques d’entre nous, que les ponctions de départ montraient des cellules indifférenciées et que mon corps réagit comme si elles étaient des cellules différenciées.

Chers amis, à entendre ma cartésienne de cancérologue, avec mon mari nous avons jubilé, rendu Grâce non sans une certaine fierté! Que c’est bon d’entendre que la médecine classique cautionne ce chemin si particulier que j’ai pris et que j’encourage les autres à prendre. On ne soigne pas une telle maladie uniquement par la chimie. Tout le corps, toutes nos polarités, notre fameux PEPS, doivent muter ! cf. news d’avril 2013.

Sachez aussi que cette joie profonde, je l’ai ressentie pour vous. Cette victoire je vous l’offre car sans vous, sans votre soutien, sans ce pas à pas entre nous, la déprime userait toutes mes forces. Et pour ceux pour qui la prière et la communion des Saints, ont un sens, merci pour cet invisible Divin que vous tissez entre nous, je le vois comme un réceptacle multiplicateur de l’énergie Divine.

Recevez mon immense sourire, continuons ensemble à observer et partager ce chemin de vie, puisse-t-il vous donner l’énergie de faire alliance avec le vôtre… si besoin est.

Rendez-vous à Noël pour le bilan 2013, quel qu’il soit.

Je vous embrasse de toute ma joie,

Cécile

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