• Cécile

Cécile en juin 2016 #51


Pour vous tous, amis de plus ou moins longue date, je vais tenter de répondre à certaines questions que vous vous posez peut-être.


Le mariage de notre Elise fut un pur moment de bonheur, d’amour, de joie. Aucune crispation, nous étions tous centrés sur nos essentiels : un mariage heureux, simple et profond.

Rappelons-nous, je sortais d’une période effrayante car la prise d’une nouvelle formule de chimiothérapie m’avait embarquée dans une zone de déstructuration profonde. Il m’a fallu beaucoup de temps pour récupérer… un peu.

Comme d’habitude, tout le monde m’a protégée afin que le jour J, je puisse participer aux moments essentiels. Pari réussi, quelle chance !


Nous sommes rentrés chez nous, quelques jours après le mariage, pour constater que je fatiguais toujours beaucoup… Prise de sang faite, nous en comprenons l’origine : grande anémie. Comme je l’explique dans ma chronique de juin, 8 d’hémoglobine puis 3 jours après : 7,4. Le corps plonge et il est décidé que je reçoive, au plus vite, une transfusion (2 poches de sang) avant de reprendre la chimio.

Cette fois, bonne idée de mon oncologue nous commençons par la plus petite dose de traitement et on observe comment mon corps réagit.

Je peux vous assurer que je n’ai pas vécu tout cela de gaieté de cœur. Je dois aller chercher mes ressources d’alliance au plus profond de moi. Par ailleurs, je sens, à la palpation, la masse du pancréas grossir, je constate mon amaigrissement alors que je mange bien, et quand je pense à notre seconde fille qui se marie en octobre… la motivation remonte et je m’arme de courage pour continuer cette portion de chemin de vie très caillouteuse, météo d’orage.


Notre fils, toujours aussi perspicace, me demande : « maman, comment vas-tu faire, cette fois, pour tenir la chimio ? ».

Je réfléchis à cette question cruciale et je lui réponds en 3 mots :


  • l’amour… c’est l’amour que je reçois de vous tous, et tout spécialement de mes enfants et de mon mari, qui me porte et donne du sens à ma route. Ne pas lâcher par égard pour vous tous qui pensez à nous, qui priez, qui « bossez » pour moi.

  • Le repos… continuer à écouter mon corps sans me fâcher avec lui. Son premier besoin, je le sens bien, est le repos. Au repos il est assez paisible alors qu’en activité, parfois je dépasse mes tout-petits possibles. De fait, il se tend et les effets secondaires négatifs arrivent en courant. Je suis donc encore plus mal.

  • La foi… la foi en Dieu, qui est très apaisante bien sûr, mais au delà de cette réalité, la joie de découvrir combien se laisser aimer par le Divin nous embarque tous dans des vécus spirituels incroyables ; Il est là à nous offrir sa joie (cf un de mes rêves cité dans le blog). La foi en Dieu mais aussi la foi dans mon mystère, mon chemin.


Vous vous souvenez, au tout début je voulais vivre pour porter mes petits-enfants dans les bras.

Aujourd’hui je demande la vie sur terre afin de témoigner, si j’y suis appelée. Partager combien l’être humain, que chacun de nous est, voit la vie avec des lunettes déformantes. Combien certains d’entre nous, pensant probablement bien faire, compliquent la vie des grands malades.

Mais pourquoi changerions-nous si personne ne nous montre la route pour un comportement plus ajusté ?


Alors, je veux vivre pour prendre les enfants de nos enfants dans les bras afin de leur chuchoter des mots d’amour, d’ouverture au Divin, à l’espace invisible du monde… pour rire, chanter, danser, regarder l’herbe pousser et les oiseaux chanter.

Je veux vivre aussi pour enseigner à toute personne, qui est ou s’improvise soignant, comment aider une personne à vivre cette très grande épreuve de la maladie dans une quête de paix avec elle même, d’harmonie avec son chemin de vie.


J’ai envie d’insister sur le « chacun son chemin ». Chaque cancer est différent, chaque personne est différente, évitons les généralités. Nous, « malades », soyons vigilants à rester centrés sur notre instinct et ce qui nous met en joie. Nous vivons au creux de pressions permanentes, qui sont assez souvent augmentées par les soignants, la famille, certains amis, le désir de l’autre.


La joie est le signe que la direction prise est la bonne… à un instant T !

Tout change, évolue… très vite.

Nous ne pouvons sentir la joie que si nous prenons du temps avec nous-même (et avec le Divin pour ceux qui le désirent) et que le bruit de la vie s’apaise.


Avec toute ma tendresse et gratitude,

Cécile

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