A l’attention des médecins de la RCP, A l’attention de Madame le docteur D.




Le 30 novembre 2015, courrier

A l’attention des médecins de la RCP

A l’attention de Madame le docteur D.


Madame, Monsieur,


Depuis quatre ans vous suivez avec grande attention le « dossier Hyvert ». Je voulais vous adresser mes remerciements et toute ma gratitude pour ce que vous faites pour moi et pour tous les malades dont vous avez la charge.


Je sais qu‘à chaque étude de dossier vous cherchez à prendre en compte non seulement les données physiologiques du malade, mais aussi des éléments tels que son tempérament, son environnement, son moral. Tout cela, nous le savons tous, a une grande importance.


Je sais que mon médecin référent, le Docteur F., prend en compte ces éléments, mais j’aimerais profiter de l’examen global et collectif de mon cas, par vos soins, pour m’exprimer sur mon moral et mes besoins actuels.

Je vous remercie de votre attention.


Voilà quatre ans que, en rassemblant mon courage, j’avance avec ce cancer en moi, mais il est une épreuve que j’encaisse de plus en plus difficilement : la répétition fréquente et rapprochée de mes soins qui occasionnent des accès d’intense fatigue, revenant plusieurs fois par jour ; conjugués aux intenses désordres intestinaux, dont j’ai le plus grand mal à récupérer. Ces effets m’accablent et m’empêchent de retrouver cette énergie si nécessaire à ma lutte et mon besoin d’une vie active, vivante !…


Ce que je vis depuis six mois m’est très difficile à supporter : mon espace de « normalité » a quasiment disparu. Après une cure, je ne commence à aller mieux que trois à quatre jours avant de replonger du fait de l’administration d’une nouvelle cure; tous les quinze jours, j’ai le sentiment de repartir vers une noyade…

Mes tentatives pour compenser le plus possible ces chocs répétitifs, par toutes sortes de soins, accompagnements et substituts personnels ne semblent pas suffisantes pour pouvoir « tenir » ; pour parler franchement, je m’inquiète sérieusement de ma capacité à supporter encore longtemps ce rythme…


Voici ma demande :

J’éprouve une grande nécessité, au moins pendant un temps, de souffler un peu pour retrouver mes marques et (re)vivre d’une façon à peu près normale…

Peut-être plus encore ai-je besoin de présenter à mes quatre enfants une maman, à mon mari une épouse, certes pas guérie, mais pour le moins un peu plus disponible, un peu plus présente, un peu plus gaie… Je consacre aujourd’hui une grande partie de mon énergie à lutter pour mon hygiène de vie, afin de pouvoir tenir.

Ainsi donc, pensez-vous possible d’envisager une pause dans mon traitement ? Et par la suite, pensez-vous que l’administration de mon protocole actuel, si tant est qu’il n’évolue pas, puisse être espacée quelque peu ? Ce rythme actuel d’une semaine sur deux m’épuise…

Ou peut-on dénicher un traitement « plus doux » qui prenne mieux en compte mon besoin viscéral d’une vie active ?


Ne doutant pas par ailleurs de votre recherche des meilleurs choix thérapeutiques en ce qui me concerne, je voulais vous renouveler ma confiance.

Je peux, si vous le souhaitez, m’entretenir avec vous, à votre convenance.

Avec ma reconnaissance et mes remerciements anticipés,


Cécile Hyvert.



PS : Pour votre information, j’ai travaillé pendant sept ans dans le service du professeur Wallaert à Calmette, en qualité de psychologue. J’ai été, à la suite de ma maladie, contrainte d’arrêter brutalement ce métier que j’aimais tant.

#Lettreauxmédecins

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