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Cécile en août 2014... vu par d'autres #31


En août 2012 et août 2013, trêve du mois d’été oblige, vous n’aviez pas reçu ma traditionnelle petite news.



Août 2014 j’ai eu envie de vous proposer une formule différente. Pour ce faire, j’ai proposé à quelques personnes, ayant passé plusieurs jours près de moi, d’écrire un petit texte sur : selon eux « Cécile en août ».



Qu’ils reçoivent un immense merci pour s'être prêté à l’exercice. Leurs mots me font rougir, respirer, pleurer de joie, mieux me comprendre, mais aussi ils me bousculent, me titillent. Dans tous les cas, ils sont tendresse émouvante, vivifiante. Gratitude.



A vous de nous dire si leurs partages vous apportent une vision complémentaire de mon chemin de vie…



Vous pourrez lire dans l’ordre d’apparition durant mes vacances :

  • Thierry, un ami

  • Blandine, une sœur (nous sommes 7 dans ma fratrie)

  • Eliot, mon fils

  • Charlotte, ma nièce

  • Marie, sa maman, une belle sœur du sud.



Cécile en août par Thierry



Cécile en août, c’est d’abord un sourire et un regard comme je n’en n’avais pas vus depuis trois ans, voire davantage, pleins de vie et de joie, pleins d’envie et de lien. Joie et liens exprimés, par exemple, dans la danse ou lors d’un « apéro-bateau » sur l’eau turquoise du fond de la baie. Merci pour cette porte ouverte sur l’espérance.



Cécile en août, c’est aussi des larmes. Comme je passais à l’improviste chez eux le jour de digestion de son cachet de chimio, je la trouve en pleurs, mais même ceux-ci n’étaient pas empreints de désespoir, de souffrance certes, et probablement d’une certaine angoisse. Je la cite : « j’ai comme l’impression que l’on va me taper dessus, enfin pas vraiment, mais que ça peut arriver ». Il est écrit quelque part : « Tu enfanteras dans la souffrance ». Sans doute, mais ce n’est pas une raison pour aller la chercher et pourtant c’est parfois nécessaire. Comme ce foutu cachet qui est une souffrance immédiate pour un bien dans la durée. Choisir sa voie. Merci pour cette porte ouverte vers l’espérance.



Cécile en août, c’est la joie qui éclate à nouveau 2 jours après la mauvaise journée de traitement car la voilà au trapèze de mon 470 hors d’âge avec cette sensation de voler sur l’eau, entre mer et ciel. Émotions retrouvées des sorties sur le lac des vacances de son enfance. Le corps et l’esprit ne font qu’un pour créer et participer à cet instant de joie. Cécile, c'est aussi ne jamais oublier la vigilance, le réel. La voilà qui cite les dangers de la toute puissance car elle tente de se préparer aux nouveaux moments difficiles. Ne pas opposer plaisir et souffrance. Nous sommes là pour réunir les deux dans ce qui s’appelle la vie. Merci encore pour cette porte ouverte vers l’espérance.



Blandine, pour le Blog de Cécile - aout 2014


Bienvenue Cécile pour ton escapade "racines familiales" dans nos montagnes.


Je te retrouve aux commandes de tes moulins : celui qui tourne sans cesse dans ta tête, celui à bonnes paroles jusqu’au moulin à moudre le grain.


Quoi qu'en dise la chanson, Cécile la meunière, tu ne dors pas, bien au contraire.


Ton Moulin à penser… Il t'encombre celui-là... "Comment faire pour l'arrêter???" Me dis-tu.


Oui Cécile, comment peux-tu arrêter un moulin alors que tu l'alimentes sans cesse? Tu orientes tes pales vers la lumière, tu attrapes le vent chaud de l’Amour et en plus, tu as du mal à garder le pied sur le frein de tes pensées ! Tu lui donnes à moudre des baies arc-en-ciel : rouge-coquelicot, orange-chaleur, jaune-lumière, vert-nature, bleu-horizon, indigo-écriture, violet-spirituel... et même des baies noires, «baignoire ? », pour que l’on puisse te couvrir de tendresse.


Chacune a sa mission : Amour, échange et créativité, pensées douces ou pimentées… De la petite baie à la grosse graine, de la jeune et moelleuse à la plus ancienne et complexe, jusqu'à celle qui bloque la roue et qui demande aux autres couleurs de la dissoudre.


"Mais quand cela s'arrêtera-t-il?" me dis-tu...


Comment peux-tu arrêter ta recherche si elle t'habite et te passionne, Cécile?


Parlons aussi de ton Moulin à farine: Tu as envie de réduire "Le cachet" en cherchant La bonne dose qui te va bien. Ensuite tu le dissous en toi afin que chacune de ces micro bombes (l'expression vient de toi) atteigne les mauvaises cellules de ton corps pendant que tu cherches à nourrir les bonnes cellules.


Tu as aussi ton moulin à moudre le temps en petits instants de vie à croquer. Temps thé-papote, temps pour rire ou pour pleurer, temps pour dormir, méditer, balader, grignoter. Temps de la prospection, de l'introspection, propositions et autres questions... C'est un temps dynamique pendant lequel on se régale de petits riens.... et du grand Tout! Ouf!


Qui a l'audace de penser que Cécile ne fait rien? Je crois qu'il n'y a que toi, Cécile, qui le crois.


Tes moulins sont à la croisée de 3 présents de la Vie: le souffle, la graine, et toi la meunière. Ce trio transforme la matière en Énergie, Grandeur et Lumière... Bénissons ce cadeau qu'il nous est donné de recevoir.


Merci la meunière!


Et si, à l'approche de la nuit, tu réduisais la voilure pour te reposer un peu?


Blandine.



Eliot "maman en août" :


Bonjour à tous et à toutes, ici Eliot. Pour la première fois je prends la parole en direct, au nom de nous quatre, pour maman, Cécile.


Parler de maman en août, que du bonheur ! Maman en août c’est déjà maman en corse, et dès qu’elle a l’équation soleil, mer, transat, relax, elle est au top. Mais en plus de cela, de mon point de vue qui je pense est partagé par elle, ses cachets sont relativement bien passés. Dès qu’elle est assez en forme pour avoir envie de sortir de son lit en pleine nuit pour vérifier que j’y sois bien en train de faire de beaux rêves, là je sais que maman va bien. En effet, même à 17 ans, parfois je rentre trop tard à son goût !


En me lisant vous allez penser que j’essaie de vous rassurer et me rassurer car, certes elle est toujours malade, mais elle tient le coup et le cap très bravement.


Mes sœurs, voyageant aux quatre coins du monde, ne vivent pas cette expérience familiale du même point de vue que moi je pense. C’est pourquoi je me suis chargé de vous faire part de la santé physique et morale de maman.


Merci à vous tous de la lire et parfois de lui faire des commentaires ou lui envoyer des mails qui lui font le plus grand bien.


Eliot.



Charlotte "Cécile en août" :


Cécile, ma chère tante, tu as toujours été pour moi une de ces femmes que l’on écoute avec attention du fait d'une présence marquante et d'un charisme épatant...


Une femme calme et sereine mais aussi forte et exigeante. Diplomate par ses nuances dans sa façon de communiquer les choses, de conseiller, questionner, et transmettre. Cela ne t'a jamais empêché de te positionner clairement par rapport à tes choix, tes valeurs et tes désirs, quelque peu têtue de ce fait, me semble-t-il ! Je te percevais également confiante, sûre de toi, de tes capacités et de ton potentiel. Mais aussi parfois quelque peu distante, une distance qui me semblait enlever de la simplicité et du naturel à l'échange...


Et cet été, quel regard ai-je posé sur toi..?


Pour moi tu n'as pas changé, en apparence en tout cas ! J'imagine bien qu'à l'intérieur tu n'es plus la même...Toujours élégante, ton regard profond, tes cheveux si beaux, combien cela a dû être dur de les perdre, ta voix toujours posée et calme. Je n'ai pas senti le moindre poids en toi, si ce n'est peut-être un sourire moins présent et des sautes d'humeur, ou du moins de légers agacements, plus fréquents qu'auparavant… me semble-t- il.


Certes, on discerne bien en toi la frustration face à un emploi du temps calqué sur les prises de tes cachets et des effets secondaires qu'ils engendrent. Tout cela doit être fort contraignant, énervant, frustrant pour une femme si dynamique que de vivre au rythme d'un traitement imposé.


Par rapport à ton caractère, peut-être ai-je ressenti un peu moins de confiance, mais en tout cas toujours autant de force, de persévérance et d’entêtement, qui sont devenus, dans ta nouvelle vie, indéniablement de réelles qualités. Ta capacité à t'intéresser aux autres est bien toujours présente, mais peut-être es-tu maintenant un peu plus centrée sur toi?


En fin de compte, si je n'avais su que tu étais malade, certainement que je ne m'en serais pas rendu compte et me serais seulement dit "elle est un peu pénible avec son régime alimentaire..." ;-)


Pour t'avoir lue mois après mois, je sais que ton adaptation à ta nouvelle vie a été progressive, mais tu y es parvenue me semble-t-il, et bravo pour cela. Bravo pour trouver également la bonne posture pour être respectée et respectable avec ta maladie. Tu as toujours, entre autres, la bonne nuance entre se plaindre un peu, mais juste assez pour trouver du réconfort et informer de ce que tu vis, et pas de trop pour écraser et culpabiliser ton entourage. Je t'admire pour cela.


MARIE, Cécile en août :


Cécile, ma chère belle-sœur, tu as toujours été pour moi quelqu’un de confiance et de rassurance. Ce que je ressens quand je suis à tes côtés sont des énergies qui circulent et qui font du bien. Nous avons vécu des choses similaires et tu as toujours trouvé les mots justes pour apaiser mes angoisses et mes doutes. On ne se voit pas très souvent mais chaque fois que cela arrive je ressors boostée des moments passés à tes côtés.


Tu es une femme merveilleuse, de par le physique mais à l’intérieur je n’ai jamais rencontré une personne avec une force comme la tienne. Autour de toi on sent les gens heureux. Tu nous amènes à nous exprimer sans jamais juger. J’admire la femme, l’épouse et la mère que tu es. J’avais le sentiment que rien de grave ne pouvait t’arriver…


À l’annonce de la maladie je me souviens m’être dit : « non, pas Cécile ». Pour moi c’était impossible car tu représentais la force, l’exigence et la beauté que rien ne pouvait ébranler.


Cet été, j’ai retrouvé la Cécile d’avant à qui on a envie de dire : « tu es guérie » ! Tant tu es toujours aussi belle. Rien n’a changé en toi aux premiers abords.


C’est toi Cécile qui nous accueilles avec ton beau sourire et tes grands yeux bleus. C’est toi Cécile qui nous emmènes à la plage, qui tous les matins pars nager, qui m’apprends à manœuvrer le kayak en mer, qui m’apprends à me détendre lors d’une séance de yoga, qui m’as écoutée et conseillée quand je te l’ai demandé, qui mets tout le monde à l’aise dans la maison, qui es si élégante, positive et en même temps exigeante envers toi même…


Et pourtant, c’est toi Cécile qui as un cancer et qui ne se plains jamais.


C’est toi Cécile dont le cerveau n’est jamais au repos et qui combats avec force, qui écoutes ton corps face aux traitements et sais quitter la table avant les autres pour aller dormir et qui nous dis bonsoir avec le sourire… C’est pourtant toi qui ne dors pas très bien.


Enfin paradoxalement c’est toi qui nous mets à l’aise face à la maladie !



C’est MOI Cécile qui suis toute petite devant toi et qui prends une belle leçon de vie.


MERCI.


Marie.

#Témoignages #News

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