Cécile en février 2014 #26

" le problème n'est pas ma faiblesse mais l'attachement que j'y ai." - Nicolle Carré





Mon pilulier "mi dose" et ses smarties



Depuis une petite semaine, en dehors des coups de fatigue (13h, 18h, 22h) qui appellent au repos, je vais bien. C’est magique.


Alors, la tentation est grande d’enfiler ma carapace pour vous écrire : Février ? Tout s’est bien passé, aucune vague, calme heureux, vie normale, enfin un mois sans événement particulier. En effet, je désespère de vous écrire chaque mois que ma vie "Cécile traite un cancer" apporte ses hauts et ses bas…

Mais la vérité est que mon sang a encore une fois perdu beaucoup de ses couleurs, avec pour conséquence un arrêt urgent de la chimio. Ce fut une grande « plongée » dans les méandres du désarroi, grosse fatigue, perte du sommeil… mais quand tout cela va-t-il se calmer ?

J’ai arrêté la chimio seulement dix jours, le temps que le sang reprenne un peu de couleurs, mais le choc psychique et énergétique a duré plus longtemps, la super woman a disparu.

Et je dois avouer, même si mon ego résiste, que je n’ai pas échappé à des moments où la déprime m’a inscrite dans une désespérante fatigue. Pressions, dépressions… comme notre météo du mois !


Je ne me supporte plus affaiblie, j’en ai assez de devoir « tout faire bien » : bien manger, bien dormir, bien marcher, bien boire, bien penser, bien prendre ses médicaments, bien rester chez soi, bien lutter contre le froid, bien chanter…

Ma quête est si grande, ma soif de vivre autrement si puissante, mon désir d’un monde sensible si incommensurable que parfois le décalage avec ma réalité devient vertigineux.

Et pourtant, dès que j’ouvre les yeux du cœur, je constate que je reçois du monde sensible-invisible, comme du Souffle par son langage codé, de nombreux signes * que même seule, je ne suis pas si seule, comme chacun d’entre nous.

Ce langage passe par des synchronicités surprenantes, des alliances du « ciel », des coïncidences, des petites phrases soufflées au creux de mon oreille ou lues au détour d’un livre. Tout me dit d’offrir au recyclage mes trop-pleins, bons ou mauvais, de voir et recevoir le renouveau.

Faire ensuite le point, chaque soir, des moments lumineux de la journée, un chant d’oiseau, un bourgeon, un sourire ou une parole de soutien. Offrir, lâcher au Souffle de la Terre les moins bons.

De plus, une amie m’a conseillé, avec génie, de prendre en même temps que mon cachet de chimio qui va soigner la maladie, un smarties coloré que je charge de la grande mission d’activer la médecine de la santé, d’aller se réjouir avec toutes mes bonnes cellules de vie qui se recyclent sans arrêt. Cela a au moins le grand mérite que je ne pense pas uniquement « j’ai un sale cancer chronique ».

Une autre m’a apporté des feuilles d’un arbre « sacré » du bout du monde, signe d’espérance et de lien avec la terre entière.

Sans oublier vos messages de reliance ou ceux de ma famille qui se concentre surtout sur la vie qui émane de moi.

J’ai demandé au Souffle de vie, non pas de vivre mais d’Etre, Etre ici et maintenant.

Recevez toute ma tendresse, le printemps c’est demain, bientôt.

Mars, mois de bilan.

Cécile


* : exemple de ce que j’appelle une alliance du ciel :

Un jour de grande fatigue je me booste et je vais malgré tout faire mes courses au supermarché. Arrivée en caisse je constate que les files sont longues. Comme je me pressens très fragilisée par les microbes ambiants j’imagine un instant laisser mon caddie et rentrer chez moi. C’est alors qu’une caissière ouvre une nouvelle caisse. Je m’y faufile toute heureuse d’être là au bon moment et avec surprise, je l’entends me dire, en me donnant un panneau à placer sur le tapis roulant : c’est fermé derrière vous.

Je réagis : « vous ouvrez que pour moi ? » « Oui, il me reste peu de temps pour finir mon horaire de travail ».

Le soir j’apprendrai, au vu de mes résultats sanguins, que je n’aurais jamais dû quitter ma maison car sans défenses immunitaires, je pouvais attraper très facilement le moindre microbe ambiant qui m’aurait amenée directement à l’hôpital…

Dans mon gros manteau, personne ne pouvait pressentir mon état de fragilité alors, une caisse ouverte rien que pour moi, n’est-ce pas une alliance du ciel ?… Louange.

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