• Cécile

Cécile en mai 2013 #17

"Ce mois-ci j’ai reçu une « grosse claque ».


« De ce qui m’arrive, tant que je le refuse, inutile d’espérer que quelque chose de vivant en germe à jamais. Mais qu’est-ce que c’est : accepter?» P. M. Hoog


Il semblerait que mon chemin de vie soit une opportunité d’ouverture du cœur, de mon coeur, des coeurs.

Cécile"


Si je suis incapable d’imaginer que l’épreuve de ce cancer est un utile moment de vie, en revanche, à chaque coup dur je regarde aussi où est ma chance dans l’événement en question. Cela m’aide à le supporter, le digérer, le transformer afin de rester plus vivante que ténébreuse. Cette fois ci encore il m'ouvre le coeur.


Chers amis,

Ce mois de mai aurait pu être tranquille, doux, détendu puisque fin avril je vous quittais en vous disant : Je suis vivante ! Je vais bien. C’est bon.

Mais en mai je n’ai pas tout à fait vécu « ce qu’il me plait », et voici ce qui s’est passé :

En milieu de mois je commence à me sentir plus fatiguée et à avoir un transit gastrique « bizarre », et là je préfère imaginer la répercussion d’une «intoxication alimentaire». L’avenir me montrera que, comme diraient mes collègues psychologues, je fais un bon gros déni ! Heureusement je ne suis pas seule et mon mari veille. Il trouve que je n’ai pas « un teint normal et même que j’ai une sale tête ! ». Il insiste pour que j’appelle mon oncologue mais je ne veux pas la déranger pour si peu… alors, c’est presqu’en m’excusant que je l’interpelle via sa merveilleuse et attentionnée secrétaire. Le lendemain je suis hospitalisée d’urgence pour une « petite » hémorragie interne. Rapidement je reçois 3 poches de sang. J’allais effectivement mal.

Merci aux donneurs de sang, Gratitude !

Puis, grâce à la fibroscopie, nous constatons que ce sont des varices œsophagiennes qui ont lâché, alors le jour suivant, sous anesthésie générale, ligature des dites varices.


Pour cette fois, tout finit bien. Mais pour la prochaine fois ? Me voilà avec une fragilité physique supplémentaire. En effet, le radiologue a confirmé que j’ai un grand nombre de varices œsophagiennes consécutives à la nécrose de la veine porte par la masse sur le pancréas. Des questions se bousculent dans ma tête vite inquiète : Vont-elles se remettre à saigner ? Quand et en quelle quantité ? Ce jour là, serai-je en sécurité chez moi ou serai-je loin, difficilement soignable ? Dois-je rester bloquée chez moi ?

La peur me guette… parfois elle prend le dessus et le courage me lâche.

J’ai encore une fois vécu un tour dans mon grand huit… Plongée, remontée.

Car je remonte. Pas à pas. Je veux avoir retrouvé mon espérance avant le bilan de juin.


Comment ai-je fait pour réactiver mon peps ?

Comme je vous le disais en début de lettre, je tente de voir où fût ma chance :

J’ai le bonheur de vivre avec un mari attentionné et des enfants bien ancrés dans la vie.

J’ai la Joie de vous avoir tous, de recevoir tant d’amour, de prière, d’encouragements… je vous le répète, vous m’êtes indispensables.

J’ai la chance d’être française et d’avoir une médecin très professionnelle, réactive, bienveillante et patiente…

J’ai constaté qu’avec 7 d’hémoglobine la vie prend une dimension différente.

Le « hasard » a bien fait les choses puisqu’à une semaine près, j’étais en déplacement et cette hémorragie aurait été difficile à traiter. De plus, notre 3ème fille venait de finir ses concours post prépa et elle n’a donc pas été mise à mal par cette semaine d’inquiétude.

Enfin et surtout j’ai vécu une expérience spirituelle forte que je préfère vous narrer dans la rubrique « spiritualité, partage mai 2013 ». En effet, j’ai été en colère avec le Divin et sa réponse fut surprenante… N’hésitez pas à aller la lire !


Voilà mon joli mois de mai, que sera juin ? On le sait, ce sera le mois du premier gros bilan post arrêt de chimio. Alors, que vont dire les images ? Reprise ou non du cancer ? Reprise ou non de la chimio ? Chaque jour pour ne pas dire chaque minute, je me dis :

Cécile… avance un jour à la fois, reste souple.

Cécile, ce qui est, est.

Cécile tu es vivante, sens-le dans le plus profond de tes cellules. Ton corps connaît la route.

Pour l’heure, incarne toi, ose la vie, continue à l’aimer et elle te le rendra au centuple.

C’est plus facile à écrire qu’à vivre !


Beau mois de juin à toi lectrice, lecteur.

Je te souhaite de savourer la saveur de la journée qui s’étire…


Avec toute ma tendresse,

Cécile.


PS : j’ai une pensée toute spéciale pour tous « mes » patients qui font des hémoptysies… Sachez que je vous tiens la main, maintenant, avec encore plus de tendresse !


PPS : petite question aux anesthésistes : pourquoi une salle de réveil, pour des patients adultes, est elle si triste ?

A l’infirmière qui m’a bousculée dans mon rêve post-op, en me criant : « Madame Hyvert, madame Hyvert… réveillez vous ! » j’ai demandé, j’avoue avec un ton un peu agacé : « Pourriez vous dessiner un soleil sur votre tableau velleda tout triste qui est sur le mur en face de mon lit ? … et si en plus vous y inscriviez « Bienvenue »… je reviendrais dans ce monde avec le sourire :) »

Comme je suis de nouveau opérée dans un mois… je lui offrirai des feutres de toutes les couleurs… si j’ose !

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