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Cécile en Octobre 2012 #11

"A vous tous, à notre merveilleuse solidarité... D'après Wikipédia, Alléluia est une marque de moto mais aussi le nom d'un gâteau, d'une pièce de musique... Mais aussi... mot de la liturgie juive et reprise par les chrétiens, il exprime l'allégresse des fidèles pour leur Dieu... Alors, Alléluia... ! En effet, de nombreux "Souffle de Vie" sont à remercier, je suis dans la Joie du résultat du scanner passé hier après midi : - 20 % sur l'ensemble des masses... Bref, nous en sommes à - 50%... Alléluia, la route se poursuit, difficile mais aussi tellement plus légère. Cette news d'octobre, j'ai tenu à l'écrire avant d'avoir le résultat de cette première partie de bilan. Pourquoi ? Car pour nous patients, quels que soient les résultats d'un scanner, la route reste la route comme les cachets restent de lourds cachets à avaler. J'ai besoin de tenir mon cap, de ne pas lâcher par trop de joie ou trop de peine... Bien sûr, c'est merveilleux, je me sens plus légère et ... je vous laisse lire la news, en pièce jointe, pour savoir où nous en sommes du "feuilleton" : "Cécile veut vivre !". En cette période de Toussaint, je n'oublie pas tous ceux que vous aimez comme tous ceux que j'aime (Isabelle...) et qui ont, des suites d'un cancer, rejoint le mystère de l'Aprés... Ils ont chacun fait progresser une science qui me permet probablement d'être encore parmi vous aujourd'hui. Je leurs rends hommage et vous embrasse affectueusement, Cécile"



La maladie aurait pu me fracasser.

Il y a un an, l’annonce du diagnostic m’a propulsée en chute libre vers l’absurde et j’aurais pu m’y fracasser en mille morceaux.

Bienheureuse, mon élan de vie s’est décuplé au lieu de s’éteindre. Vous en êtes témoin. J’ai beaucoup de chance sur ce parcours mais reconnaissons-le, avec mon homme, nous avons pris les moyens de nos ambitions en ouvrant rapidement un certain nombre de parachutes afin de croire en la guérison. Et finalement, ce parcours santé se vit avec plus de douceur et plus de bonne santé que prévu, ouf.

Alors si je ne suis pas devenue aigrie, en colère, toujours au fond du lit, angoissée, en mille morceaux, que suis-je, peut–être, en train de devenir ?

Simplement une « fêlée » ? Pourquoi pas !... ce mot invite plusieurs images.

Fêlée... dans le sens de « pleine de fissures » entre lesquelles poussera, par exemple, un je ne sais quoi de supplément d’âme ?…

En même temps, fêlée au sens de folle ? Oui j’aimerais acquérir la douce folie de ceux qui osent leur Vie.


Il y a un an, mon généraliste tente de me rassurer : « madame, ce que vous sentez de dur dans votre ventre, ce n’est rien qu’une inflammation de l’intestin, pas de quoi faire une échographie, cela va passer tout seul… »

Cependant au fil des jours son discours ne me rassure pas, je ne me sens pas «dans mon assiette». Je n’ai mal nulle part et pourtant je ne me reconnais pas, trop fatiguée, comme hors de ma vie, hors du rythme de mon environnement, moins d’appétit, toujours ce « truc » dur dans mon ventre.

J’ai alors eu le courage de me faire confiance, d’écouter mon instinct et de rappeler, 15 jours plus tard, mon médecin : « docteur, je ne suis pas comme d’habitude, je veux faire une échographie… »… … Il commence par refuser mais je suis insistante, il capitule et m’envoie une ordonnance. A aucun moment je n’ai pensé cancer. Le temps de prendre un rendez-vous chez le radiologue et fin octobre le diagnostic tombe, toute ma famille aussi. Un cancer du pancréas, nodules au foie, est un diagnostic plus qu’alarmant.

Puisse mon exemple être utile à certains. Apprenons à nous connaître et à écouter, sans honte, notre instinct. Ce jour là, j’ai peut-être sauvé ma vie.

Avec mon oncologue, régulièrement nous nous mettons en accord afin que, l’une comme l’autre, nous nous y retrouvions dans les soins. Je respecte son expertise, elle tente toujours de me faciliter la vie.


La suite de mon parcours, vous la connaissez puisque je vous écris depuis le mois de novembre. 2 mois de diagnostic avec 3 séries de ponctions dont 2 m’ont amenée soit aux urgences la nuit suivante, soit en réa en sortie de bloc opératoire.

Ensuite 4 cures en hospitalisation suivies, pour l’instant, de 5 cures par cachets.

Entre temps nous avons craint un cancer de la moelle osseuse et à certaines époques j’ai traversé de longues périodes d’aplasie, perdu 10kg heureusement assez vite repris, je suis si gourmande, joli défaut…


Ce mois d’octobre, j’ai osé demander à mon oncologue : « il y a un an, pensiez vous que je serais dans cette forme-ci aujourd’hui ? » Comme à son habitude, elle m’a regardée droit dans les yeux et m’a répondu : « oh que non, oh que non… vous êtes vraiment une spéciale, vous le savez… la façon qu’a votre corps de réagir face à ce cancer est spéciale. »


Je la connais, elle est pudique quand il s’agit de félicitations mais heureusement, j’ai su lire dans ses yeux un encouragement et cela me donne du cœur à l’ouvrage !

Cependant, sachez le : je ne suis pas une spéciale, je suis juste quelqu’un qui a osé demander de l’aide : ton, votre soutien, une médecine variée : une chimiothérapie indispensable associée à une médecine surprenante et pourtant tellement active d’un tout simple guérisseur philippin, en occident on dirait de lui qu’il est un rebouteux.

Vous le savez, je fais aussi un travail holistique grâce aux art-thérapies. Dans ce cadre, j’en profite pour remercier mon art thérapeute par le chant. « Sissi tu as fais des merveilles en moi et dans notre petit groupe. Tu m’as souvent permis d’éviter que ma tête bourdonne trop longtemps de mauvaises pensées car, quand cela devient le cas, je me mets à chanter les petites chansonnettes que tu nous apprends et la vague du blues devient plus douce ».

Tentez l’expérience… vous verrez, chanter rend notre vie plus douce.


Parachutes, vous disais-je, mais aussi et surtout je me suis très souvent blottie dans ce que j’ai envie de nommer l’Energie Humaine mais aussi l’énergie d’Amour, le Souffle Divin, la Lumière… Dieu diront certains occidentaux… qu’importe le nom… je suis sur un chemin.


Voilà donc un an de cheminement. Le plus souvent, une année nous apporte un petit nombre d’évènements majeurs… vous vous en doutez, pour moi ce furent des dizaines voire des centaines qui se sont racontés.

Chacun de vos mots, chacune de mes réussites, chaque nouveau lien tissé, chaque prise de sang réalisée, chaque cachet pris (je dis souvent : c’est une bombe que j’envoie dans mon estomac et je rêve qu’elle se dégoupille au bon endroit, juste sur les mauvaises cellules), chaque moment vécu en pleine intensité, l’évolution d’amour dans notre couple, dans notre petite famille, le départ à Dieu du jeune Gaspard, les moins 26% de mauvaises cellules en juin, chaque pas dans l’herbe comme mes moments de solitude et d’inquiétude… tout fut, est puissant.


Il y a donc eu cette année passée, à moi maintenant de regarder fermement en avant, même si comme me l’a écrit une amie très précieuse et si tendre :

« cette année, cet hiver qui s’annonce où tu n’es plus complètement malade et pas du tout complètement guérie ; où tu ne seras plus dans ton lit mais où tu ne mèneras pas non plus ta vie d’avant… pas facile de trouver un nouveau fil rouge… »


Oui pour moi, comme pour tous ceux qui sont « en choc de vie », il nous faut de l’énergie, du courage et un univers de patience, de confiance pour poursuivre la route, alors que puis-je dire d’autre, pour nous tous, qu’un merci plein d’amour pour cette belle humanité tissée entre nous ?


Je vous embrasse,

Cécile

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