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Cécile en Juillet 2012 #9

"Petit rituel qui me fait du bien... quelques news... et réflexions ...

Bél été à chacun. Merci de ta présence. Cécile" A chacun d’entre vous, Cécile en juillet. Depuis que je vous ai quittés, fin juin, j’ai la chance d’être partie en Corse où je me ressource en famille dans un environnement magnifique. Après une longue période sans chimiothérapie, j’y ai repris une cure, en cachets, sur 15 jours. Globalement, à part un seuil de résistance plutôt faible, je vais bien. « Tu as une très bonne mine… » me disent tous les copains que je rencontre et c’est la vérité. Le plus souvent je me sens davantage avoir une maladie qu’être malade. Cette maladie en moi aurait-t-elle suivi le cours des saisons ? Il y a eu un hiver rude, très rude, suivi d’un printemps plus doux mais toujours pluvieux, parfois orageux. Mon été a mis du temps à s’installer mais finalement, il est devenu chaud et vivifiant. Mon pèlerinage passe donc par une clairière lumineuse, heureuse. Sur ce tronçon de route, j’ai des cailloux, voire quelques rochers, sous ma chaussure, mais ils ne me font pas perdre l’équilibre. Vous avez bien lu : sous ma chaussure, pas : dans ma chaussure! Venons en à la météo médicale : en juin, je sens la masse dans mon ventre qui a changé. Au toucher, elle n’a plus la même forme qu’avant. Elle est passée d’un gabarit petite banane à une impression de banane grignotée sur la moitié… alors j’espère, je rêve qu’elle a diminué… mais la seule façon de le savoir objectivement est de passer un scanner. Avec espoir je le demande à mon médecin. La réponse est nette : non… « Non madame Hyvert, si vous êtes déçue, vous allez passer un mauvais été. La masse risque d’être stable et si elle a un peu grossi vous allez perdre le moral… c’est non». Les jours qui ont suivi, je chasse le doute qu’elle a mis en moi afin de rester bien solide, tonique, garder ce fichu moral ! 15 jours plus tard… ma ligne sanguine continuant à être mauvaise, ma doc, gênée, me dit « il faut vraiment que l’on cherche si vous n’auriez pas de mauvaises cellules côté moelle osseuse. La ponction de juin ne suffit pas, il faut passer un IRM du rachis et un scanner… ». Très gentiment elle ajoute : « je suis désolée de vous embêter avec tout cela, finalement…». Entendez : « quoiqu’il arrive, gardez le moral ! ». Quelques jours plus tard… le résultat tombe… Amis lecteurs, partagez ma joie, ma jubilation, contre toute attente des médecins, le cancer en moi a régressé, sur sa totalité pancréas-foi, de 26%... ! Alléluia. J’ai savouré le soulagement, l’allégresse et la fierté de Philippe et des enfants. Je me suis délectée de la surprise heureuse de ma doc, j’ai exulté avec sa secrétaire (personnage si important dans un cabinet médical). Plus que tout, j’ai remercié du fond du cœur tous les anges sur terre et ailleurs, qui me portent, me soignent, me transforment, m’accompagnent. Ils sont tous, à leur façon, des guérisseurs pour moi. D’ailleurs, avez vous eu les oreilles qui ont sifflé ? Avez vous entendu mon infinie reconnaissance ? Même si mon médecin me redit que cela lui « suffit » que le cancer se stabilise, que 26% c’est déjà inespéré, je continue à désirer que la banane se transforme en pruneau ou même en raisin sec ! Que les nodules sur le foie disparaissent… Qu’en pensez vous ? Vous en sentez vous capables ? Oui, rêvons même si nous nous adapterons à la réalité… Vous avez sans doute remarqué que je dis le plus souvent : le cancer en moi et non : mon cancer ; La maladie en moi et non, ma maladie. De la même façon je décris les cailloux sous ma chaussure et non en dedans. Ces nuances sont fondamentales pour moi. En effet, je crois que chaque mot a son importance. Quelqu’un de connu a dit un jour « au commencement était le verbe »… je ne sais pas exactement ce que cela veut dire mais j’ai traduit… le mot nous crée, nous construit. Sa vibration d’abord, sa sonorité, mais aussi le sens qu’on lui donne. Par exemple quand je parle de mon cancer, j’ai l’impression que je l’ancre un peu plus en moi… Et comment avoir envie de tuer, de se débarrasser de quelque chose qui est en moi, que j’ai fabriqué et m’appartient ? Vous dites bien : j’ai une grippe et pas j’ai ma grippe… Arrêtons de penser qu’il y a une cause et une seule au cancer, par exemple une mauvaise attitude de vie qu’il suffirait de connaître puis de transformer pour être guéri ! C’est une théorie qui culpabilise, qui nous abime plus qu’elle ne nous construit. Un cancer est toujours multifactoriel dont une bonne part restera mystérieuse, impossible à connaître. C’est probablement pour cela que certaines personnes, tout à fait merveilleuses, meurent des suites de leur cancer. Je ne les oublie pas. A « ce cancer qui est en moi » plusieurs fois par jour je lui dis « meurs en Paix ». Je ne lui fais pas la guerre car alors je serais en énergie négative et mon moral serait plus difficile à garder. Je prends les moyens pour qu’il disparaisse et qu’à la place qu’il laisse vacante, je développe de la douceur et une profonde conscience de l’énergie de vie humaine et spirituelle. Un cancer est l’occasion de se « nettoyer ». Oui, un cancer est (et doit être) une opportunité pour aller vers une vie plus ajustée à qui nous sommes vraiment. « Profitons » de cette mutation physique pour enclencher aussi une mutation psychologique voire spirituelle. Notre corps, évoluant dans sa totalité, pourra se guérir plus aisément, plus souplement. Et si mon environnement évolue avec moi, alors l’effet en est démultiplié. C’est pour cela que j’ai besoin de vous tous… avec en tête de liste, mon mari, ma famille! Il y a certainement de bons livres, ne vous en privez pas, qui expliquent ces 2 points : - Soyons attentifs aux mots que nous utilisons pour soigner nos maux. - Notre mutation s’accèlere si nos différents espaces de vie interne et externe évoluent en même temps. Alors, encore un immense merci de porter, avec moi et ma famille, ce parcours santé, cette pétition pour l’amour qui circule entre nous tous. Je continue à prendre les cachets de chimio mais on continue ensemble la mutation qui me porte, qui nous porte. Le chemin n’est pas fini. Je ne suis pas arrivée au port. Laissons août raconter son histoire en silence et, si vous le voulez bien, nous nous retrouverons pour la lettre de septembre. Reçois toute ma tendresse qui déborde de gratitude et de joie, Cécile

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